Cerises & thé vert au Lac de Mystériade
Ce livre de prose poétique évoque la nostalgie d’un âge d’or, pur et limpide, où l’humain vibrait en communion avec la nature, et promesse d’un âge à venir espérant que cette lumière se déploiera de nouveau. L'auteur nous laisse comprendre, au gré de ses poésies en prose rythmée que si ce redéploiement doit arriver, cela passera désormais par l’individu, au plus intime de son être conscient.
Textes de jeunesse. Réédition 2008. 112 pages. Existe en édition reliée et version PDF (gratuite). Publié sous licence Creative Commons 2.0
Edition reliée, 112 pages, couverture rigide cartonnée avec jaquette amovible souple couleur
(Conseillée !) Version PDF / téléchargement légal et gratuit
" La brise s’est faite étreinte, et son pollen attise l’émoi
d’âmes solitaires. Une lumière exquise s’est posée sur le parc. Le peuplier
rêve qu’il s’endort, et s’éveille. Un printemps tonne sur les fleurs
maraîchères. Les pensées ondulent sous sa brise. L’eau du canal frissonne,
exquise et jaillit dans la fontaine qui murmure, innocente. L’heure s’est faite
durée. Elle s’étend sur les herbes qui chavirent. Et là-haut, toujours seuls,
deux peupliers pleurent sur ce printemps qui broie leur orgueil.
La victoire du printemps est totale. Sa foudre a magnétisé
jusqu’à l’eau qui coule, cascades douces, et à la sève qui se laisse boire par
les végétaux assoiffés de croître. Même les enfants sont devenus sauvages, et
frissonnent aussi, blondes têtes volages sous la caresse du temps et la
plénitude de l’espace. Oui, même les sentiments sont cette vague qui fait
déborder l’âme, bleuet, myosotis, pervenche et lilas. Les étudiants se parlent
en confidences propices. Les vieillards rajeunissent. Les souvenirs affluent
sur l’écran du soleil.
Et cette lumière insolente qui jaillit partout, à profusion,
pour éclairer jusqu’à la pénombre où se cachent les éléphants blancs de
l’hiver, chassés de sa demeure austère par les cygnes au coeur de joie. Et
cette brise chaude qui pulse agite jusqu’aux molécules secrètes de nos êtres,
alanguis et agacés par une mystérieuse promesse. Tout est rené, jusqu’à notre
tristesse qui s’épanche sur les flancs chastes de la joie. Nous nous sommes réuni
avec nous-même, curieux narcisses au coeur d’or. Et chacun rêve de l’instant
qui vient, source vagabonde. "(Extrait, p.23)
